Les forces en présence

Elles sont variées.

Eric WOERTH (ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique), Yves COCHET (député), Christian GERONDEAU (président de la Fédération française des Automobiles clubs), Emmanuel LECHYPRE (rédacteur en chef de L'Expansion), Jean-François GIANNESINI (expert pétrolier)

L'animation est assurée par Yves CALVI.

Les idées/affirmations/opinions glanées tout au long du débat

Sur l'utilité de convoquer les pétroliers

Dans le reportage introductif, le journaliste indique que Christine Lagarde a convoqué les pétroliers samedi dernier... pour rien. Le ton est donné !

Impact des cours des matières premières sur les prix pour les consommateurs

Un décalage de 3 semaines est habituel pour que les variations du prix du baril de pétrole se répercutent sur le prix à la pompe. Cela signifie que cela va encore grimper (de 15% environ) ! Mme Lagarde souhaite, comme en son temps Thierry Breton, que la répercussion à la hausse soit lissée, et que les baisses soient elles appliquées au plus tôt.

Voir en complément l'article de Libération A Bercy, l’engagement des pétroliers sent le réchauffé.

Un comparateur institutionnel difficile à se souvenir

M. WOERTH a du mal quant au nom du comparateur web institutionnel du prix du carburant (voir le commentaire).

Pour la forme : http://www.prix-carburants.gouv.fr

Le prix à la pompe / le SMIC

Emmanuel LECHYPRE de l'Expansion a fait, à mon sens, de la provocation en présentant les chiffres de l'étude sur la valeur du SMIC par rapport au prix du carburant (réalisée par la FNAUT), et donc que finalement l'essence est moins chère actuellement !
Nous avions précédemment publié un billet à ce sujet en mai dernier "Valeur réelle" des prix du carburant en France depuis 1970.

Fiscalité figée

Eric WOERTH a confirmé à nouveau le fait que les taxes ne baisseront pas, afin d'être en cohérence avec les conclusions du "Grenelle" environnement.

A qui profite cette hausse du cours du pétrole ?

A nouveau un rappel : l'Etat ne profite pas de la hausse des cours du pétrole en terme de recettes fiscales.

Jean-François GIANNESINI indique que les bénéficiaires de la "rente" sont les pays producteurs de pétrole, les pays consommateurs qui taxent les carburants, et les sociétés pétrolières. Il ne faut pas changer la répartition de la rente car il y aurait automatiquement un rééquilibrage puisque les clients sont prêts à payer le prix, vu le déséquilibre grandissant entre l'offre et la demande.

Pourquoi ces prix si élevés ?

Ce déséquilibre ne pourra pas être comblé à court terme, car les productions atteignent leur maximum et vont décliner, alors que de plus en plus de pays consomment à l'occidental, et donc la demande est de plus en plus forte.

En plus de l'offre et la demande, à partir duquel le prix est principalement durablement tourné vers la hausse (c'est la tendance lourde), interviennent le contexte de risque géopolitique et surtout la spéculation suite à la crise financière actuelle !

Un avenir noir

Pour les écologistes, Yves COCHET a décrit un avenir peu réjouissant si nous ne changeons pas nos modes de vie, notre "civilisation", et a été très critique sur les précédents gouvernements toujours "aveugles à l'avenir" qui portent une large responsabilité sur la situation actuelle, où le coût de l'énergie va continuer sans cesse à augmenter.

Et pour finir, le débat s'est tourné vers de la géopolitique, les réserves pétrolières annoncées par les états qui augmentent brusquement et ne diminuent pas malgré la production (pour des raisons politiques, voir Estimations suspectes de certains pays de l'OPEP), et les perspectives de conflits armés (dont celui en Irak représente une escarmouche) lorsque la régulation ne pourra plus se faire par les marchés... bref, vers une 3e guerre mondiale (voir Géopolitique du pétrole).

 

Et c'est sur ce thème effrayant que se termine ce débat qui fut finalement animé, oui, mais intéressant.

Le débat est disponible en streaming sur le site de France 2.